16. jun, 2012

Le martyre de Sainte Cécile

Le peintre américain (www.kehindewiley.com) nous représente Sainte Cécile dans une position qui est rendue célèbre par Maderno (voir image suivante.)
Elle est vêtue selon la mode des jeunes d’aujourd’hui, assez bien assortie par rapport à  la moyenne, grâce aux accents jaunes de la ceinture et des lacets, qui s'accordent, et elle est coiffée à l’africaine, les cheveux tressées le long du crane.
La légende veut que c’est la position dans laquelle la dépouille de la sainte fut découverte en 1599 à Rome, la position dans laquelle elle serait morte, après des tortures et une tentative de l'asphyxier au gaz, tout cela en vain puisqu'elle ne voulait pas abjurer sa foi chrétienne et elle survécut tous les sévices.

Chez Wiley, comme chez Maderno, nous voyons le corps d’une jeune femme, disposé de façon insolite, le visage tourné vers le sol, le cou marqué de l’entaille de la hache fatale. Le fait de ne pas apercevoir la figure (l'absence de l'épiphanie du visage selon Levinas) augmente le drame. C'est tout à fait baroque. Le sculpteur dévoile, mais il voile aussi. Tout cela nous inspire la pitié et même l'"épouvante.

Même morte elle ne représente pas la mort ici, mais tout d'abord le martyre qu'elle a souffert. Elle est figée au moment d'être toujours vivante, mais agonisante, les mains comme voulant se réunir dans un geste de prière, mais n'y arrivant pas.